29 avril 2005
Mauvaise langue
Vérification faite sur le site de l'inpi, les marques ne sont pas détenues par le pdg, Jean Yves Bourgeois, mais bien par la société JBC Communications et devraient donc figurer sur la liste des actifs de la société. C'est le cas, du moins pour les titres Doses et Cadences. En revanche le titre Formes de Luxe, n'apparait pas. Pour l'heure, les éléments recueillis sur inpi.fr ne nous permettent pas de savoir qui détient cette marque.
La diatribe sur la cassette supposée semble infondée. Ne demeure donc que l'abandon du navire...
28 avril 2005
JBC liquidé ! Ou comment saborder son entreprise en 24 heures
A la demande de Jean Yves Bourgeois, son pdg, la société JBC et
Associés, a été mise en liquidation, par
anticipation. Suite à son dépôt de bilan en date du 25 Avril, il a en
effet obtenu sa mise en liquidation judiciaire par un jugement du 26
Avril ! Il devait y avoir péril en la demeure pour convaincre le
tribunal de commerce de Nanterre de statuer avec une telle célérité !
Pourtant la société n'était pas endettée,
pas plus auprès du trésor que des organismes sociaux. Le dernier
exercice, clôt en Juin 2004, s'était soldé par un résultat positif de
plus de 67 000 Euros qui avait plus que doublé par rapport à l'exercice
précédent, pour un chiffre d'affaires de 1, 75 millions d'euros en
hausse de 5%. Entre 2002 et aujourd'hui l'effectif de la
société est passé de 17 salariés permanents à 11, suite à la sous
traitance de l'ensemble de la maquette. La dernière livraison du
magazine Formes de Luxe, son titre phare, daté de Mars 2005 comptait 88
pages dont une trentaine pour la pub !
En
somme rien ne présageait
une telle issue hormis la volonté affirmée de son pdg et fondateur, de
vendre son affaire depuis près de deux ans. Il lui aura donc suffi de
convaincre les juges que cette
mesure était inéluctable, puisqu'il ne serait pas en mesure de faire
face
à ses échéances dans quelques semaine à la suite de la chute de ses
ressources publicitaires...
Difficile de comprendre ce qui a pu motiver ce jugement prononcé avec une telle urgence.
Restent 11 salariés et une dizaine de pigistes attendant désormais leur lettre
de convocation à l'entretien préalable, avec, comme seul
interlocuteur, le liquidateur nommé par le tribunal.
Si on peut
comprendre la volonté d'un entrepreneur de se retirer des affaires,
même en l'absence d'acheteurs, il y avait sans doute d'autres moyens de
faire que d'abandonner, comme cela, une vingtaine de personnes à leur
sort.
Dans
la marine, lorsque le bateau sombre c'est "les femmes
et les enfants d'abord". Dans le business du 21ème siècle, le capitaine
laisse sombrer le navire en s'enfuyant dans sa vedette personnelle avec
sa "cassette". Son contenu n'est pas mystérieux, il s'agit des titres
eux mêmes. Gageons que, sans les salariés, ils seront aisément
monnayables...
Délocalisation, bientôt la presse pro ?
Dans son post du jour, notre voisin de Médiaboliques,
inspiré par les problèmes de l'industrie textile, s'essaie à l'économie
fiction en imaginant que la presse soit à son tour gagnée par le virus
de la délocalisation.
Inimaginable ? Certes, l'exemple cité en
appui, une annonce pour un journaliste français rédigeant des sujets
sur l'informatique depuis l'Ukraine, récemment publiée par Categorynet,
a été retirée du site, l'adresse mail n'étant pas valide. Mais réalité
ou canular, l'important n'est il pas que l'hypothèse émerge et finisse
par devenir crédible?
Nous nous pensons protégés par la barrière
douanière naturelle que constitue la langue. Un rempart qui ne pourrait
bien être qu'une autre ligne Maginot !
Pourquoi ne pas imaginer des
articles rédigés en anglais depuis la Chine, l'Inde ou l'Ukraine, puis
traduits, toujours sur place. Récemment Hilton a délocalisé son centre
d'appel français... en Lettonie. La langue n'est donc plus vraiment un
obstacle. Et lorsqu'on songe, qu'il ya quelques jours, une entreprise
alsacienne, produisant des composants informatiques, a proposé à 9
salariés qu'elle venait de licencier de les reclasser chez un de ses
partenaires polonais pour une rémunération de 110 euros mensuel, on a
une idée du coût de production d'un article : dérisoire.
Une agence
de presse installée dans l'un de ces pays, spécialisée dans des
thématiques échappant de plus en plus aux spécificités locales, c'est à
dire l'information économique et technique, ne serait elle pas à même
de fournir de quoi remplir une bonne part des colonnes de nos
magazines, en France comme en Allemagne, en Espagne ou ailleurs, à des
prix défiant toute concurrence, locale ? Sur l'échelle de l'audit d'AT
Kearney sur la productivité des journalistes, effectué pour le groupe
Gisi, parions qu'il n'y aura pas photo.
Dans le contexte actuel,
alors que les financiers prennent partout les commandes, une telle
offre ne manquerait pas de pertinence, économique !
"Je vous le
dis journalistes franco-français, la vague va venir", conclut notre confrère. Cassandre avait prédit la chute de Troie...







