Presse pro... mais de quoi ?

De l'info à la com... Faut bien vivre ! Chronique du quotidien de cartes de presse dépréciées.

09 juin 2005

Manpower

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Deux ans à l'essai pour une nouvelle embauche en CDI, c'est la mesure phare, annoncée hier par Dominique de Villepin, pour les entreprises de moins de dix salariés. Sachant que dans le secteur de la presse pro une majorité de revues sont éditées par des sociétés ou des empilements de structures de moins de dix salariés, on ne peut que redouter les effets pervers d'un tel dispositif.
Ces dernières années, le curseur des éditeurs s'est clairement déplacé de la qualité vers la rentabilité afin de s'adapter à l'amigrissement constant des revenus publicitaires. Comment, dans ces conditions, imaginer que cette mesure ne soit pas pervertie.
Alors que les contrats de qualification sont devenus un mode fonctionnement incontournable (cf le post "écrivez jeunesse, ça ne mange pas de pain"), quel sera l'intérêt pour une petite entreprise de presse de dépasser ce seuil des deux ans sachant que le marché regorge de cartes de presse sans emploi ? En institutionnalisant cette précarité, on aboutira fatalement à une paupérisation des revenus pour l'ensemble des journalistes. Quant au statut des pigistes, CDI classiques de fait après quelques mois de collaborations régulières, que deviendra-t-il ?
Nos lendemains risquent de ressembler à un intérim permanent, avec tout ce que cela implique sur la qualité de l'information et le respect de la déontologie.

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