Presse pro... mais de quoi ?

De l'info à la com... Faut bien vivre ! Chronique du quotidien de cartes de presse dépréciées.

28 avril 2005

Délocalisation, bientôt la presse pro ?

 

Dans son post du jour, notre voisin de Médiaboliques, inspiré par les problèmes de l'industrie textile, s'essaie à l'économie fiction en imaginant que la presse soit à son tour gagnée par le virus de la délocalisation.
Inimaginable ? Certes, l'exemple cité en appui, une annonce pour un journaliste français rédigeant des sujets sur l'informatique depuis l'Ukraine, récemment publiée par Categorynet, a été retirée du site, l'adresse mail n'étant pas valide. Mais réalité ou canular, l'important n'est il pas que l'hypothèse émerge et finisse par devenir crédible?
Nous nous pensons protégés par la barrière douanière naturelle que constitue la langue. Un rempart qui ne pourrait bien être qu'une autre ligne Maginot !
Pourquoi ne pas imaginer des articles rédigés en anglais depuis la Chine, l'Inde ou l'Ukraine, puis traduits, toujours sur place. Récemment Hilton a délocalisé son centre d'appel français... en Lettonie. La langue n'est donc plus vraiment un obstacle. Et lorsqu'on songe, qu'il ya quelques jours, une entreprise alsacienne, produisant des composants informatiques, a proposé à 9 salariés qu'elle venait de licencier de les reclasser chez un de ses partenaires polonais pour une rémunération de 110 euros mensuel, on a une idée du coût de production d'un article : dérisoire.
Une agence de presse installée dans l'un de ces pays, spécialisée dans des thématiques échappant de plus en plus aux spécificités locales, c'est à dire l'information économique et technique, ne serait elle pas à même de fournir de quoi remplir une bonne part des colonnes de nos magazines, en France comme en Allemagne, en Espagne ou ailleurs, à des prix défiant toute concurrence, locale ? Sur l'échelle de l'audit d'AT Kearney sur la productivité des journalistes, effectué pour le groupe Gisi, parions qu'il n'y aura pas photo.
Dans le contexte actuel, alors que les financiers prennent partout les commandes, une telle offre ne manquerait pas de pertinence, économique !
"Je vous le dis journalistes franco-français, la vague va venir", conclut notre confrère. Cassandre avait prédit la chute de Troie...

Posté par Latope à 11:42 - La dure loi de la jungle - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    on délocalise bien les machines...

    à ce sujet lire Libé

    j'en parle ici

    Posté par tao, 29 avril 2005 à 01:42
  • (liens passent pas)

    bon... les liens :

    libé : http://www.liberation.fr/page.php?Article=292780&AG

    1monde : http://www.1monde.net/index.php/weblog/on_delocalise_bien_les_machines/

    Posté par tao, 29 avril 2005 à 01:43
  • Le début

    Dans notre "petit" cas de journaleux, en effet, la chose semble plus fictionnesque que pour les ouvriers et autres usineux. Mais les racines du mal ont pris souche fermement : la presse souffre d'un angle de vue uniquement braqué sur les questions d'optimisation financière, de rentabilité, de restructuration. Quand ces mots (maux) arrivent, en général, on ne parle déjà plus de qualité... La vague viendra, c'est certain. Reste à savoir surfer dessus pour (essayer) d'être un peu optimiste.

    Posté par Médiabolik, 08 mai 2005 à 00:35
  • Content sharing vous connaissez ?

    Je connais une entreprise de presse Européenne qui travaille très sérieusement sur le partage de contenue. C'est-à-dire qu'un article sera écrit par un des journaux du groupe et dispatché dans les autres. Dit comme çà, vous me direz ça se fait déjà. Mais, lorsque l'on parle de 60 % de reprise on réalise qu'il ne s'agit plus seulement d'améliorer la qualité éditoriale mais de faire bouffer le même Mc Do à tous.

    Posté par Babouze, 15 juin 2005 à 22:30

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