Presse pro... mais de quoi ?

De l'info à la com... Faut bien vivre ! Chronique du quotidien de cartes de presse dépréciées.

25 novembre 2005

Libé se bat et se débat

libeluttehttpCe pourrait être "Chronique d'une crise annoncée". On savait depuis plusieurs semaines Libé menacé d'un plan social. La résultante d'une équation à trois paramètres : le poids d'internet, le choc des gratuits et la prise de pouvoir d'un financier, venu il y a 7 mois injecter 20 millions d'euros pour "développer" le quotidien....
Médiatique et symbolique, l'épreuve que traverse ce titre phare illustre, oh combien, la crise qui secoue l'ensemble de la presse écrite en proie à la faillite de son modèle économique (appauvrissement du marché publicitaire, multiplication des sources d'informations gratuites). Comment conjuguer la qualité de l'information, et les moyens qu'elle réclame, et rentabilité ?
Le financier a tranché. Ce sera la rentabilité au détriment de l'information avec pour conséquence des vagues de licenciements. Ici comme ailleurs (cf Gisi), les salariés se battent avec la seule arme qui leur reste : la grève. Leur espoir et leurs objectifs sont réduits : limiter le nombre de licenciements et permettre à ceux qui partent de le faire dans de bonnes conditions. le mouvement aura donc une fin, prochaine, aucun journaliste ne souhaitant la mort de son titre.
Demeure une question obsédante : quelle information pour demain et qui la contrôlera ?

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01 novembre 2005

L'information en danger, les suisses ouvrent le débat

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On m'a transmis ce texte issu d'un collectif de journalistes de suisse romande.

Paru le 2005-10-17

La presse écrite remplit de moins en moins son rôle d'information et d'approche critique des événements au profit du divertissement. Or une information indépendante et crédible est un droit fondamental du citoyen autant qu’un devoir pour les journalistes et les éditeurs.

Ce rôle central de notre métier, l’information, est désormais en danger.

La réponse des éditeurs à l'affaiblissement du marché publicitaire engendre des concessions toujours plus grandes aux annonceurs au nom de la survie des titres, mais souvent au détriment du rédactionnel. Informer n’est plus l'objectif premier, les stratégies de séduction et de communication uniformes l'emportent trop souvent sur l'information voire tentent de se confondre avec elle. Le journal est devenu un "produit", mais l’information peut-elle être un produit comme un autre?

Le symbole le plus fort de cette dérive est la transformation radicale de la fonction du rédacteur en chef, dont le rôle s’inverse: au lieu de représenter la rédaction auprès de l'éditeur, il est toujours plus le représentant de l'éditeur auprès de la rédaction; Il occupe aussi toujours davantage des fonctions de marketing. Il cède toujours davantage aux pressions extérieures mettant en danger l'indépendance de la rédaction. Il n'est plus non plus un rempart contre la dégradation des conditions de travail; il arrive même qu'il en soit un acteur.

Cette dérive, qui s’accélère, entraîne une perte des repères professionnels, une précarisation du statut du journaliste. Le manque de personnel, l'absence de formation et de suivi des stagiaires et le cumul des tâches sont les causes d’inexactitudes répétées: sources non vérifiées, textes mal relus et erreurs de faits qui péjorent l'image de la presse. Moins d'argent pour les enquêtes et les reportages, c'est aussi une information appauvrie. Or une information à valeur ajoutée a un prix.

La situation a atteint un point critique. Aujourd’hui, des annonceurs assistent aux séances de rédactions, des journalistes sont forcés de signer des articles de complaisance et pire, certains n'ont même pas conscience de ces compromissions. Se taire ne sert pas notre profession et râler ne suffit plus. Il est urgent de débattre de ces problèmes, il y va de la crédibilité de la profession, du respect de nos lecteurs et de nous-mêmes. Il nous appartient non seulement de défendre mais aussi de revendiquer l'éthique professionnelle, comme le prévoit notre "Déclaration des devoirs et des droits". Si nous ne le faisons pas, qui le fera ?

Ce texte est le fruit des réflexions d'un groupe de journalistes, collaborateurs d'une dizaine de titres en Suisse romande (La Tribune de Genève, 24Heures, La Liberté, L'Illustré, L'Hebdo, l'Express, L'Impartial, Le Temps, L'Agefi, Le Courrier, Terre et Nature) ainsi que des journalistes libres. Ils n'expriment pas nécessairement leur propre situation, mais une préoccupation pour l'exercice de la profession en général. Nous invitons tous les collègues à lancer le débat au sein de leur rédaction.

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26 septembre 2005

Les blogs menacent ils la presse ?

La commision s'interroge sur le phénomène, sur son impact sur les médias traditionnels ainsi que sur son cadre éthique.

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23 septembre 2005

Les vacances n'effacent rien...

journaliste_medef2Dur, dur de s'y remettre ! Hélas les vacances n'ont rien effacé. L'ambiance est toujours aussi morose et vous tombe dessus comme une chape de plomb. Le pire c'est qu'on ne discerne pas le bout du tunnel. Plus ça va et moins ça va. Alors on reprend le blog comme un exutoire, pour écrire son désarroi. Ni plus, ni moins.
Dans le Monde de ce soir, un article sur une grosse charrette... aux Etats Unis. Et oui les ex maîtres du journalisme plongent à leur tour dans le marasme, pas seulement éthique. Le groupe New York Times a annoncé la suppression de 500 emplois soit 4% de ses effectifs, quelques semaines après avoir déjà supprimé 200 postes. Un autre groupe, Knight-Ridder annonce également une centaine de licenciements sur un effectif total de 630 personnes. "Ces décisions s'inscrivent dans un climat de crise nationale, voire mondiale, de la presse qui voit sa diffusion baisser" souligne notre confrère, Alain Salles. Que dire de plus ?...

Gisi cherche repreneur optimiste
Plus près de nous, Philippe Santini, le tonitruant patron du groupe Gisi (Usine Nouvelle, LSA...) nous abreuve de données financières pour justifier son plan social, dans une interview accordée aux Échos, le 13 Septembre dernier. On y note quand même le refus de vendre le groupe par appartement et au contraire le désir de l'adosser à un industriel de la presse. Mais pour cela, souligne-t-il, "il faudrait que ces industriels soient plus optimistes. S'il faut attendre 2009 pour trouver un partenaire industriel, alors j'attendrai". Reste à savoir si, d'ici là, la situation aura évolué, en mieux. Pour l'heure, on a du mal à l'imaginer.

Etre ou ETAI ?
Enfin, moins médiatisé, notons l'étrange situation des titres de la société JBC repris dans des conditions mystérieuses par le groupe ETAI. Les rédactrices en chef ont déposé leur clause de cession et pour l'heure n'ont pas trouvé de remplaçant(e)s. Pourtant la première clause a été déposée dès la mi juin et, sur le titre concerné, une parution a été annulée et la suivante repoussée au grand dam des annonceurs... Allez comprendre !

illustration : caricature de la vie politique de Charlie Hebdo, collectée sur le site de l'institut politique de Lyon 

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23 juin 2005

Sombre avenir pour la presse écrite

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"Les contenus médias deviennent des contenus multimédias, transitant sur n'importe quels supports, lesquels sont regroupés au sein de deux ou trois grands groupes multimédias, plutôt européens et mondiaux, mais aussi régionaux (...). Les journaux quotidiens disparaissent ou passent sur écran". Enfin, "l'indépendance, l'éthique, la créativité disparaissent du paysage des médias, où seuls quelques journalistes marginaux maintiennent à bout de bras une information pluraliste et de qualité".
Tel est l'avenir de la presse à l'hiver 2011, selon le commissariat au plan, si l'état se refuse à intervenir !
Dans un rapport, rendu public Mercredi 22 Juin, les rapporteurs incitent les pouvoirs publics à aider la presse écrite par des mesures incitatives liées à un cahier des charges contraignant de missions de services public et de pluralisme.
Louable intention. Reste qu'entre la mainmise des financiers et le contrôle de l'état, la liberté de la presse semble de plus en plus bornée...

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13 juin 2005

Libres

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Florence et Hussein sont libres depuis hier soir.

Enfin, après 157 jours d'une détention particulièrement pénible. Etonnante Florence qui, sur le tarmac de Villacoublay, nous a laissé voir un intense bonneur mêlé d'une retenue, d'une pudeur, d'une distance incroyables après une telle épreuve. Comme si, jour après jour, elle n'avait jamais cessé d'être elle même, une journaliste. Son message sur le réconfort apporté par toutes les manifestations de soutien nous fait penser à ceux qui sont toujours emprisonnés. Moins médiatisés les cas de Frédéric Nerac et Guy-André Kieffer méritent tout autant notre mobilisation.

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09 juin 2005

Manpower

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Deux ans à l'essai pour une nouvelle embauche en CDI, c'est la mesure phare, annoncée hier par Dominique de Villepin, pour les entreprises de moins de dix salariés. Sachant que dans le secteur de la presse pro une majorité de revues sont éditées par des sociétés ou des empilements de structures de moins de dix salariés, on ne peut que redouter les effets pervers d'un tel dispositif.
Ces dernières années, le curseur des éditeurs s'est clairement déplacé de la qualité vers la rentabilité afin de s'adapter à l'amigrissement constant des revenus publicitaires. Comment, dans ces conditions, imaginer que cette mesure ne soit pas pervertie.
Alors que les contrats de qualification sont devenus un mode fonctionnement incontournable (cf le post "écrivez jeunesse, ça ne mange pas de pain"), quel sera l'intérêt pour une petite entreprise de presse de dépasser ce seuil des deux ans sachant que le marché regorge de cartes de presse sans emploi ? En institutionnalisant cette précarité, on aboutira fatalement à une paupérisation des revenus pour l'ensemble des journalistes. Quant au statut des pigistes, CDI classiques de fait après quelques mois de collaborations régulières, que deviendra-t-il ?
Nos lendemains risquent de ressembler à un intérim permanent, avec tout ce que cela implique sur la qualité de l'information et le respect de la déontologie.

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25 mai 2005

Tchador social

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Des salaires et des responsabilités très en retrait par rapport à ceux de leurs collègues masculins sont à l'origine depuis le 20 mai d'une grève à l'AFP suivie par la quasi totalité des femmes journalistes, mais par à peine 15% des cartes presses d'un sexe  fort... peu solidaire.
Et ce déséquilibre s'aggrave encore lorsque la situation économique se tend. Sur les onze journalistes qui seront licenciés dans quelques semaines à l'Usine Nouvelle, dix sont des femmes...
En attendant Florence, une femme, et Hussein en sont à leur 140 ème jour de privation de liberté. Sinistre parallèlle, comme si l'intégrisme n'avait pas de patrie.

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09 mai 2005

JBC : Le côté obscur de la Force

       

sith8_2La société JBC, en liquidation judiciaire depuis le 26 avril, a vu une partie de ses actifs (les magazines Formes de Luxe et Cadences Pack, l'ensemble des marques, fichiers clients et abonnés, ...) faire l'objet d'une offre de reprise émanant du groupe d'édition ETAI (Editions Techniques pour l'Automobile et l'Industrie), qui s'affiche comme le 5ème groupe de presse professionnel français avec 16 titres édités, 340 collaborateurs dont 75 cartes de presse et plus de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Très axé sur l'automobile - son coeur de métier -, avec plusieurs revues, de multiples ouvrages et des banques de données, ce groupe est également présent dans différents secteurs tels que les matières premières, la chimie, la pharmacie. Il édite aussi une revue sur l'industrie du jouet et une autre sur les stores et fermetures.
A priori des secteurs sans rapport avec ses principaux marchés, mais qui illustrent une volonté de maîtriser l'information professionnelle par filière, les magazines étant pour la plupart couplés aves des manifestations (salons, congrès...). C'est sans doute pour cela que ETAI vient également de s'approprier la société Idice, propriétaire du salon Luxe Pack, dont Jean-Yves Bourgeois, ex Pdg de JBC, était encore récemment un des actionnaires...
Simple coincidence ? Toujours est-il qu'ETAI - seul repreneur déclaré, dès le 28 avril - se retrouve propulsé comme un acteur majeur dans la communication de l'industrie des fournisseurs de l'industrie du luxe (essentiellement la parfumerie-cosmétique). Si le montant de la transaction concernant Luxe Pack n'est pas connu, en revanche la reprise des titres de JBC apparaît comme une excellente opération où, pour une grosse bouchée de pain, Christophe Czajcka (pdg d'ETAI et membre du conseil d'administration de l'association pour la promotion de la presse professionnelle) fait main basse sur plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires annuel. Quant au coût social, il doit s'apprécier selon les points de vue : seule, une petite moitié des salariés permanents serait reprise, le licenciement des laissés pour compte (y compris l'ensemble des pigistes) étant assuré par la collectivité...

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29 avril 2005

Mauvaise langue

Vérification faite sur le site de l'inpi, les marques ne sont pas détenues par le pdg, Jean Yves Bourgeois, mais bien par la société JBC Communications et devraient donc figurer sur la liste des actifs de la société. C'est le cas, du moins pour les titres Doses et Cadences. En revanche le titre Formes de Luxe, n'apparait pas. Pour l'heure,  les éléments recueillis sur inpi.fr ne nous permettent pas de savoir qui détient cette marque.
La diatribe sur la cassette supposée semble infondée. Ne demeure donc que l'abandon du navire...

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28 avril 2005

JBC liquidé ! Ou comment saborder son entreprise en 24 heures

       

A la demande de Jean Yves Bourgeois, son pdg, la société JBC et Associés, a été mise en liquidation, par anticipation. Suite à son dépôt de bilan en date du 25 Avril, il a en effet obtenu sa mise en liquidation judiciaire par un jugement du 26 Avril ! Il devait y avoir péril en la demeure pour convaincre le tribunal de commerce de Nanterre de statuer avec une telle célérité !
Pourtant la société n'était pas endettée, pas plus auprès du trésor que des organismes sociaux. Le dernier exercice, clôt en Juin 2004, s'était soldé par un résultat positif de plus de 67 000 Euros qui avait plus que doublé par rapport à l'exercice précédent, pour un chiffre d'affaires de 1, 75 millions d'euros en hausse de 5%. Entre 2002 et aujourd'hui l'effectif de la société est passé de 17 salariés permanents à 11, suite à la sous traitance de l'ensemble de la maquette. La dernière livraison du magazine Formes de Luxe, son titre phare, daté de Mars 2005 comptait 88 pages dont une trentaine pour la pub !
En somme rien ne présageait une telle issue hormis la volonté affirmée de son pdg et fondateur, de vendre son affaire depuis près de deux ans. Il lui aura donc suffi de convaincre les juges que cette mesure était inéluctable, puisqu'il ne serait pas en mesure de faire face à ses échéances dans quelques semaine à la suite de la chute de ses ressources publicitaires...
Difficile de comprendre ce qui a pu motiver ce jugement prononcé avec une telle urgence.
Restent 11 salariés et une dizaine de pigistes  attendant désormais leur lettre de convocation à l'entretien préalable, avec, comme seul interlocuteur, le liquidateur nommé par le tribunal.
Si on peut comprendre la volonté d'un entrepreneur de se retirer des affaires, même en l'absence d'acheteurs, il y avait sans doute d'autres moyens de faire que d'abandonner, comme cela, une vingtaine de personnes à leur sort.
Dans la marine, lorsque le bateau sombre c'est "les femmes et les enfants d'abord". Dans le business du 21ème siècle, le capitaine laisse sombrer le navire en s'enfuyant dans sa vedette personnelle avec sa "cassette". Son contenu n'est pas mystérieux, il s'agit des titres eux mêmes. Gageons que, sans les salariés, ils seront aisément monnayables...

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Délocalisation, bientôt la presse pro ?

 

Dans son post du jour, notre voisin de Médiaboliques, inspiré par les problèmes de l'industrie textile, s'essaie à l'économie fiction en imaginant que la presse soit à son tour gagnée par le virus de la délocalisation.
Inimaginable ? Certes, l'exemple cité en appui, une annonce pour un journaliste français rédigeant des sujets sur l'informatique depuis l'Ukraine, récemment publiée par Categorynet, a été retirée du site, l'adresse mail n'étant pas valide. Mais réalité ou canular, l'important n'est il pas que l'hypothèse émerge et finisse par devenir crédible?
Nous nous pensons protégés par la barrière douanière naturelle que constitue la langue. Un rempart qui ne pourrait bien être qu'une autre ligne Maginot !
Pourquoi ne pas imaginer des articles rédigés en anglais depuis la Chine, l'Inde ou l'Ukraine, puis traduits, toujours sur place. Récemment Hilton a délocalisé son centre d'appel français... en Lettonie. La langue n'est donc plus vraiment un obstacle. Et lorsqu'on songe, qu'il ya quelques jours, une entreprise alsacienne, produisant des composants informatiques, a proposé à 9 salariés qu'elle venait de licencier de les reclasser chez un de ses partenaires polonais pour une rémunération de 110 euros mensuel, on a une idée du coût de production d'un article : dérisoire.
Une agence de presse installée dans l'un de ces pays, spécialisée dans des thématiques échappant de plus en plus aux spécificités locales, c'est à dire l'information économique et technique, ne serait elle pas à même de fournir de quoi remplir une bonne part des colonnes de nos magazines, en France comme en Allemagne, en Espagne ou ailleurs, à des prix défiant toute concurrence, locale ? Sur l'échelle de l'audit d'AT Kearney sur la productivité des journalistes, effectué pour le groupe Gisi, parions qu'il n'y aura pas photo.
Dans le contexte actuel, alors que les financiers prennent partout les commandes, une telle offre ne manquerait pas de pertinence, économique !
"Je vous le dis journalistes franco-français, la vague va venir", conclut notre confrère. Cassandre avait prédit la chute de Troie...

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21 avril 2005

Ouest-France applique les valeurs de la résistance au pied de la lettre

  Pour rassurer son monde, un peu inquiet face à sa boulimie de rachats actuel, François Régis Hutin, patron de Ouest-France, avait souligné, dans un entretien paru dans Libé, que son groupe ne cherchait pas à  "grandir pour grandir". "Nous sommes une association loi de 1901 dont l'objectif est de faire vivre les valeurs de la Résistance ", avait-il ajouté.
Des valeurs visiblement appliquées au pied de la lettre.
Les pigistes de la filiale Infomer, ont dû faire grève plusieurs semaines pour revaloriser, et encore de manière assez modeste, des tarifs de rémunération indécents (28,50 euros le feuillet).
Ces derniers jours, une grève des bouclages a également eu lieu dans une autre de ses filiales, Publihebdos, spécialisée dans la publication d'hebdo régionaux. Employés et journalistes, traditionnellement peu portés à l’action collective, ont compris l’intérêt qu’ils avaient à s’organiser et à porter ensemble leurs revendications.
Il aura fallu 10 jours de conflit et une mobilisation d'une ampleur inédite pour parvenir à un accord de revalorisation salariale.Et dire qu'il s'agit d'une association et pas d'un fond d'investissements !...

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15 avril 2005

100 Jours

 

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Souvenons nous de la vidéo de Florence Aubenas. Ce n'était pas hier, et elle était déjà si abattue. Aujourd'hui cela fait 100 jours que Florence et Hussein ont été pris en otages. Le sinistre décompte fait désormais partie de notre quotidien. Chaque jour de plus constitue un coup de canif supplémentaire à notre liberté, à notre dignité. Pour eux, c'est un coup de poignard.
Ne les oublions pas...

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14 avril 2005

JBC : Rumeurs de vente

   

Une fois encore, elle court elle court la rumeur !
Après avoir cessé la parution d'Unité de Vente, Jean-Yves Bourgeois, directeur de publication et pdg de JBC & Associé, serait sur le point de céder ses trois autres magazines.
Visiblement décidé à arrêter son activité dans la presse, le dirigeant serait en négociation avec deux candidats potentiels. Mais s'agirait-il de l'ensemble de la structure, d'un titre ou de plusieurs ? La question est posée. Car, si Formes de Luxe devrait, logiquement, être le plus convoité (1 millions d'euros de ca), les deux autres titres, plus récents et plus fragiles, semblent moins attractifs tant en termes de résultat que de potentiel.
Toujours est il que les hypothèses vont bon train dans le landernau concernant les éventuels repreneurs. Les noms qui reviennent le plus souvent ? Cosmedia, Les Editions La Rivière et... Gisi ! Si toutefois il s'agit bien de groupes de presse et pas de financiers ou autres organisateurs de salons... Mais, patience ! On ne va certainement pas tarder à en savoir plus : les choses devraient bouger, dans un sens ou dans l'autre, d'ici à la fin de l'exercice, soit dans le mois qui vient.
En attendant, bon courage aux équipes de ces magazines en sursis, qui attendent de savoir à quelle sauce ils vont être dégustés.

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13 avril 2005

Les salariés de l'Usine Nouvelle interpellent le gouvernement

   

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La pilule du "plan de redéploiement" est toujours aussi difficile à avaler pour les salariés du groupe Gisi dont plus de quart n'aura plus de salaire en 2006.
Ils viennent d'écrire au gouvernement, pour lui demander d'intervenir. Ils estiment que ce plan de licenciement va en effet coûter fort cher à l'Unedic et aux contribuables que nous sommes, alors que son seul but est d'engraisser les fonds de pension.
Nos voisins d'Acrimed ont publié hier leur argumentation.
On y apprend ainsi que la direction ne dissimule même pas que cette économie sur l'emploi lui permettra de financer des projets de croissance externe, comprenez des rachats de titre. Toujours dans la même logique, une belle culbute à la revente. Quant au devenir des titres, saignés par les futurs départs, ce n'est pas vraiment son propos.
Reste à savoir si le gouvernement saura entendre ce plaidoyer. Vu son autisme dans nombre de conflits récents, on ne peut malheureusement qu'en douter...

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12 avril 2005

Tensions électorales au sein du groupe Moniteur

   

Ce n'est pas parce qu'Aprovia (holding des fonds d'investissements Apax, Carlyle et Cinven, détenant entre autres le groupe Gisi) l'a revendu, que tout est rose au sein du groupe Moniteur. La direction et deux syndicats s'affrontent depuis quelques semaines à propos des listes électorales.
Encore une fois les pigistes font débat.
A l'heure où le travail précaire tend à se généraliser (vive la flexibilité !), les directions souhaitent limiter, unilatéralement et, semble-t-il dans le cas présent, au mépris des textes, l'accès des pigistes aux isoloirs. Déjà heureux qu'on leur file du boulot, manquerait plus qu'ils réclament le droit de vote !
Le groupe, qui emploierait jusqu'à 350 pigistes (pour 124 journalistes permanents) plus ou moins réguliers, n'accorderait le droit de vote qu'à 59 d'entre eux, en fonction de leur rémunération annuelle, synonyme de collaboration régulière. Tous comptes faits, Le SNJ et la CFDT estment eux que 69 autres, au moins, devrait pouvoir voter aux élections.
Le litige devrait se régler au tribunal... après les élections.

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Le Figaro suspend sa rubrique "multimédias"

Le Figaro a suspendu sa rubrique multimédia fin mars. Pour l’heure, ce n'est pas un arrêt définitif, mais une suspension. La rubrique pourrait revoir le jour à la rentrée, dans la nouvelle formule.
Méfiance toutefois. Le quotidien avait déjà usé de ce subterfuge pour la même rubrique lorsqu’il l’avait passé d’une page pleine à 2 colonnes. La place est certes comptée, mais on peut s’interroger sur ce choix alors que les chiffres des connections internet haut débit s’envolent et que les jeux vidéo ont même leurs chaînes de télévision dédiées.

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01 avril 2005

Perquisition chez Agra Presse

 

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Illustration Atelier Populaire

Informer devient un exercice de plus en plus difficile, même dans une démocratie occidentale et surtout si on s'attaque aux pouvoirs économiques. Dernier avatar, une perquisition dans les locaux d'Agra Presse.
Voici l'objet du délit, relaté par l'AFP :
Les locaux parisiens de l'agence de presse Agra Presse, spécialisée dans les questions agricoles, ont fait l'objet d'une perquisition policière mercredi, a indiqué à l'AFP Hervé Plagnol, rédacteur en chef de l'agence. Selon M. Plagnol, cette perquisition faisait suite à une plainte contre X pour "violation du secret professionnel" déposée par la société Glon-Sanders. Cette plainte faisait elle-même suite à la parution d'articles fin 2002 dans Agra Presse et Ouest-France, faisant état d'expertises, contestées par Glon, permettant de soupçonner la présence de DDT dans un bateau de céréales provenant d'Ukraine. Selon M. Plagnol, aucun document n'a fait l'objet de saisie à la suite de cette perquisition. La direction d'ABC, société éditrice d'Agra Presse, a vivement protesté de son côté contre la perquisition.
Pour sa part, la section Ile de France du syndicat de journalistes SNJ a également protesté dans un communiqué contre la perquisition, qui constitue, selon le SNJ, une "nouvelle atteinte à la protection des sources et des droits des journalistes". Le SNJ "en appelle une nouvelle fois au Garde des Sceaux afin que pareille situation ne se renouvelle pas".

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23 mars 2005

La passion du profit, le goût de la démagogie

            

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Illustration Atelier Populaire

Le Pdg de JBC & Associés avait annoncé ici-même le 3 Février dernier que son trimestriel Unité de Vente Consommateurs, sur le packaging des produits de grande consommation, ferait l’objet « d’une étude approfondie ». Elle semble déjà terminée, faute d’avoir véritablement commencé.
Et on recherche UVC désespérément !
La société, prise dans une frénésie de rationalisation, arrêterait donc bien la publication de l’un de ses 4 magazines. UVC aurait dû (ou devrait, si on lui accorde quelque retard) paraître dans les derniers jours de mars, le dernier numéro étant daté de novembre/décembre 2004. Pourtant, il semblerait qu’aucune ligne, pas le moindre signe, n’ait été écrit ni commandé. Aucune pub vendue. A moins que le secret soit incroyablement bien gardé !

M Bourgeois prétend faire « une étude approfondie » alors qu’il sait déjà qu’il va arrêter le titre. M Santini (Gisi) supprime cent emplois au nom de la … « sauvegarde de l’emploi » ! M Hutin (Ouest-France) fait vivre les « valeurs de la résistance » en offrant des conditions de rémunération indécentes aux pigistes de certaines de ses filiales.
Les patrons de presse du 21ème siècle ne semblent plus avoir la passion de l'information chevillée au corps. En revanche pour le profit et la démagogie...

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